Finale Anvers 2012, Gilles Coustellier assome la Coupe du Monde !
jeudi 23 août 2012
par Jebegood , Jozz , MisterTi

JPEG - 183.6 ko La Coupe du Monde nous a donc emmené de nouveau ce week-end au cœur de la magnifique cité flamande d’Anvers, une ville bouillonnante d’activité avec son gigantesque port et son centre historique où il fait si bon flâner de jour comme de nuit. Un joyau architectural où les siècles se confondent et où le vélo est roi avec ses innombrables zones piétonnières. Et ce week-end donc, c’est le trial qui était à l’honneur, avec en bouquet final le dimanche des finales vtt et vélo qui ont offert aux milliers de spectateurs qui ont défilé un spectacle étonnant et intense. Beaucoup se retrouvaient là un peu par hasard (dans les alentours aucun panneau ne mettait vraiment à l’honneur l’évènement) et ils restaient bouche bée devant cette drôle de manière de faire de la bicyclette. Beaucoup d’autres venaient pour supporter le héros national Kenny Belaey. Au final, beaucoup de public massé autour des zones disposées au pied du château médiéval et une énorme ambiance porté par un speaker (et rider) qui connaît son affaire et sait soulever les foules. La météo était un peu plus supportable pour les finales du dimanche après-midi avec un petit vent frais salutaire, mais la température restait caniculaire. Le soleil tapait encore très fort et il y avait peu de zones d’ombres sur le site. Les pilotes doivent cette fois-ci passer les zones à l’envers, ce qui corse bien les choses et de nouvelles difficultés sont ajoutées au parcours de la veille. Il y a surtout désormais beaucoup de gros jumps extrêmement impressionnants. L’organisation belge, toujours très radicale, a vu au départ la barre un peu trop haute et de vives discussions s’engagent de bon matin avec des pilotes (notamment le staff France et son coach ), qui amènent à alléger quelques zones. Mais cela reste encore extrêmement (trop ?) difficile. Dans les zones du bas, les principales difficultés sont les gros jumps : celui de la zone des caisses de bois (1) est énormissime, et celui de la fin de la zone des conteneurs plastiques (2) n’a en guise de kicker qu’un simple tasseau de bois. Il va falloir être très fort pour franchir ces marches inhumaines. Dans la zone des legos de béton (3), les godets de pelleteuse se passent désormais dans les deux sens et constituent de redoutables franchissements. La zone des troncs (4) a été rallongée : le début commence par un rail périlleux sur un petit tronc, et une portion très technique a été ajoutée sur la fin. Il faut désormais se hisser sur le véhicule Volkswagen de Kenny depuis un tronc d’arbre, qu’il faut aller chercher par un jump depuis un autre tronc couché au sol ! Les zones de rochers (5 & 6) se durcissent encore avec d’énormes franchissements qui s’ajoutent aux passages de précision et les super finalistes devront jumper sur un énorme A en bois avant de sortir de la 5. Bref, c’est un parcours extrêmement difficile qui est proposé aux 16 finalistes ce dimanche, du même format que celui d’Anvers 2011, mais bien plus exigeant et sélectif. Et puis il faut également être vigilant à ces obstacles qui glissent ou bougent dans les zones du bas.

PNG - 356.9 ko Les 26" sont donc les premiers à l’élancer à la mi-journée après une séance d’échauffement musclée où chacun sort les muscles avant l’affrontement final. La compétition 26" va se dérouler sous les feux des médias et les caméramen sont partout durant toute l’épreuve. Les moyens techniques déployés par l’organisation belge sont une fois de plus gigantesques et la Super Finale retransmise en live sur Extreme.com sera le moment fort de cette journée, à partir de 13h45. Gilles Coustellier commence sa course par la zone de béton (qu’il sort à 2) avant de descendre sur la barge. Il échoue sur le jump des caisses de bois mais hurle de satisfaction quand à il parvient à sortir celui de la fin de la zone des conteneurs. Après ce succès le rouleau compresseur se remet en marche et les zones des troncs et rochers sortent les unes après les autres et peu d’erreurs sont commises. Il ne concède qu’un petit point sur les rochers, lorsqu’il touche une rubalise avant la sortie et termine à 10. Du grand art. Derrière, c’est l’hécatombe, et les 5 s’accumulent. Seuls Kenny Belaey et Jack Carthy parviennent vraiment à s’accrocher et à sortir des zones, arrivant respectivement en seconde et troisième position. Le Britannique s’élance derrière Gilles en début de parcours, avec l’évidente ambition d’aller chercher le Champion du Monde, mais il butte lui-aussi sur le gros jump de bois et ne sort pas la zone suivante. Puis Gilles sort les troncs alors que Jack échoue sur le rail d’entrée, avant de déployer ses ailes dans les zones de rochers qu’il nettoie purement et simplement ! Il ne concède qu’un petit point sur la dernière... en touchant la rubalise de la sortie ! A l’écart des deux hommes, Kenny parvient lui-aussi à se distinguer sur ce tracé impitoyable et à mettre en transe son public. Il fait la différence avec Jack dans la zone des troncs qu’il réussit à sortir à 3 points : il sort l’entrée magistralement, butte un peu plus loin sur le troncs levé à franchir en deux-coups et doit s’y reprendre à trois fois pour en venir à bout. Derrière le groupe de tête, on lutte et parfois on arrive à se transcender pour sortir une zone. Parfois on chute violemment. La bataille va être rude pour la quatrième place de la super finale entre Hannes Hermann, Aurélien Fontenoy, Nicolas Vuillermot, Rafael Tibau et Guillaume Dunand et tout se jouera au second tour. Gilles Coustellier continue la seconde partie de son run le couteau entre les dents, mais il butte à nouveau sur le gros jump de bois où il prend un 5 mais le reste de son second tour est magistral. Il parvient à améliorer encore son score et bénéficie désormais d’une telle avance que la victoire est déjà acquise : il finit avec un total de 20, devant Kenny et Jack qui sont à 39 et 40 points ! Guillaume Dunand, qui avait fait le score maximal au premier tour, parvient à se reprendre au second tour, assurant les passages les plus périlleux. Une gestion de cours intelligente qui permet à ce talentueux rider d’accéder à sa première super finale de Coupe du Monde pour deux points de différence avec Aurélien Fontenoy. Bravo Guillaume !

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Après 15 minutes de pause, c’est donc le pilote Ozonys qui s’élance le premier tour et il va tout donner devant les caméras et un public qui est présent en masse pour tenter de remonter. Même s’il sait que le podium est loin, très loin : 10 points d’écart avec les pilotes Enter-Bike, c’est dur à rattraper ! Au programme, 4 zones à enchaîner : les conteneurs, les troncs et les rochers, avec l’impressionnant A à sortir à la fin de l’avant-dernière zone. Guillaume ne se décourage pas et attaque vaillamment, et sans précipitation. Il assure les gros passages de la zone plastique et sort à 4. Il fait ensuite une belle prestation sur les troncs, porté par le public, mais il butte après sur les rochers. Jack Carthy commence par un run fantastique sur les conteneurs mais il se loupe à nouveau sur l’entrée de la zone des troncs. Il se jette alors le couteau entre les dents sur la longue zone de rochers et en vient brillamment à bout. Une entrée trop précipitée dans la zone suivante se solde par un 5. Mais le jeune pilote signe tout de même un nouvel exploit en accédant à un nouveau podium de Coupe du Monde. Encore une troisième place ? Tout dépendra du run de Kenny Belaey, qui va avoir derrière lui tout le public belge. Il commence par un zéro magistral sur les conteneurs et sort les deux zones suivantes. Il chute violemment au début de la dernière zone mais plus de peur que de mal, et le principal est acquis : il est sur la seconde marche du podium. Un bel exploit quand on sait d’où il revient ! Le Champion du Monde s’élance en sachant qu’il a déjà gagné la compétition, mais il donne tout. Il sort les deux premières zones en assurant trois passages. Sur les rochers, il arrive facilement jusqu’au fatidique jump du A et il échoue ensuite au même endroi que Kenny, mais il remporte au final une très large victoire avec 17 points d’avance sur Kenny Belaey ! Il s’impose à nouveau sur les terres de son rival en ayant dominé cette troisième manche de Coupe du Monde de bout en bout, et montre qu’il est bel et bien cette saison le seul maître à bord. Gilles rime avec facile, même sur les parcours les plus redoutables et aujourd’hui seuls deux gros jumps lui auront résisté. Mais la façon dont il a avalé toutes les autres difficultés sous un soleil de plomb force l’admiration. Précision millimétrique, concentration à toute épreuve, efficacité ultime des gestes. Notre Champion du Monde est au sommet de son art. La fronde guette avec un Kenny remotivé qui se réserve désormais pour le mondial de septembre où il briguera un 5ème titre, et un Jack qui rêve de victoire. Mais les deux hommes savent qu’aujourd’hui plus que jamais, l’erreur est interdite pour espérer renverser le N°1, pour une course comme pour un titre ! A suivre...

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