Interview de Benito Ros, 8x Champion du Monde 20" !
samedi 15 octobre 2011
par Jebegood , Jozz

On continue avec les interviews des pilotes qui ont marqué la saison. Cette fois-ci, c’est Benito Ros qui a répondu aux questions de Tribal Zine en collaboration avec le forum N°1 en Espagne, Trials Riders. Le pilote Koxx revient avec nous sur sa fabuleuse saison, au cours de laquelle il a remporté le championnat d’Espagne, la Coupe du Monde et le championnat du Monde ! PNG - 263.1 ko Seul le championnat d’Europe a échappé à l’ogre de Navarre, qui détient désormais pas moins de huit titres élites mondiaux ! La parole au trialiste le plus titré de la planète, pour revenir sur ces derniers exploits...

Interview :

Crédit-photos : Marco Patrizi, Photo by Sergio. Propos recueillis par Alvaro Lopez. Traduction par Jozz & Eva..

Pour commencer, Benito, merci pour le temps que tu nous accordes et félicitations pour ce nouveau titre mondial ! Que représente pour toi ce nouveau maillot arc-en-ciel ?

Exactement la même chose que le premier, le deuxième, le troisième... C’est-à-dire la satisfaction d’avoir atteint mes objectifs. Ce titre est une récompense du travail fourni. Il me permet aussi de baisser un peu le rythme et de profiter...

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Cette saison, tu as traîné des soucis au genou. On peut donc dire que tu n’étais pas à 100% ou alors n’étaient-ce que de petites gênes ?

A certains moments de l’année, on peut dire que je n’étais pas à 100% de mes capacités à cause de ce souci. J’ai dû le prendre en compte dans ma préparation tout au long de l’année. Le plus dur a été de régler au millimètre mes entraînements, de manière à ne pas franchir la limite en forçant sur le genou et ainsi voir mon niveau sur le vélo régresser. Ce fut par conséquent très difficile de donner le maxi sur les compétitions. Sans compter les mille petits gestes de préparation avant de monter sur le vélo, c’était vraiment pénible. C’est pour ça que je suis très content d’avoir réussi à prendre le titre.

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JPEG - 84.9 ko Tu peux nous parler de ta course au mondial ? C’est probablement pour toi l’un des championnats du monde les plus durs, avec Abel et Dani qui poussaient très fort et qui étaient au top en demi-finales ?

Ils ont roulé à peu près à leur niveau habituel, c’est moi qui n’ait pu accéder à un bon classement en demi, à cause surtout d’une des zones : 3 cinq sur la même zone alors qu’il était possible de la sortir à zéro ou 1. C’est sûr que c’était le premier championnat du monde avec la nouvelle règle d’ordre de départ des pilotes. De toute façon, ce règlement est appliqué sur les Coupes du Monde et il faudra gérer encore cette situation à l’avenir. Ce n’est pas ce que je préfère pour l’épreuve la plus importante de l’année mais ce qui est fait est fait, il faut quand même affronter la finale.

La finale a plutôt bien débuté, quelques passages délicats, mais tous passés correctement ; je termine le premier tour avec 3 points, ce dont je suis satisfait. Au début, Gilles roulait très fort, j’étais à la lutte avec lui. Mais sur les zones suivantes, il a fait des fautes : Abel est devenu mon unique rival, d’autant plus que Dani était hors course pour le titre à partir de la zone 3, indépendamment du fait qu’il ait subi, malheureusement, un incident technique sur son bike.

Le mondial a véritablement débuté au second tour, quand il a commencé à pleuvoir. Sur la zone trois, j’ai pris un cinq assez sévère. Tout se jouait donc sur les deux dernières zones : les troncs détrempés et les structures métalliques. J’ai sorti celle des troncs avec 3 pieds, seul un 0 d’Abel ici m’aurait contraint à prendre des risques sur la dernière. Mais il prend un cinq. Je fais 4 sur la dernière : dès lors je savais que le titre était pour moi, quelque soit le résultat d’Abel sur cette même zone.

A vrai dire, je suis rentré dans la zone de métal un peu tendu car elle était très piégeuse. J’ai essayé d’assurer les pieds, le but n’était pas de sortir la zone de ma vie mais seulement d’éviter de prendre un cinq. J’ai réussi et je ramène un huitième titre mondial, clôturant ma saison de la plus belle des façons.

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JPEG - 203.5 ko Vainqueur de la Coupe du Monde une nouvelle fois : ça a été la saison la plus animée, avec la compétition qu’il y a eu entre les autres pilotes et toi ? D’autant plus qu’à certains moments, tu n’étais pas en tête ?

Il y a eu des moments désagréables, pas parce que je n’étais pas devant mais parce que je n’avais pas de bonnes sensations. Je pense que c’est dû à mon problème au genou : tant à l’entraînement que mentalement, ce fut très dur. De toute façon, même si parfois je n’étais pas en tête au classement, j’ai quand même gagné quatre des cinq épreuves. Je ne gagne pas la seconde manche, c’est pour ça qu’à un moment, je ne suis pas leader de la compétition. Mais, tu as raison, ça a été une Coupe du Monde intéressante car nous, les 3 pilotes de tête, avons été au top pour lutter dans chaque manche : c’est ce qui donne plus d’intérêt à la compét’.

Le grand Valentino Rossi a dit qu’il n’y a rien de mieux comme sensation que de gagner dans le "dernier tour". A ce propos, tu aimes partir avec la pression ? C’est ce qui te motive à être au maxi sur les compets ?

Je suppose que tu fais référence à la demi-finale des mondiaux, parce que le reste de la saison n’en fut pas ainsi. Partir en troisième position après les demi-finales est un défi encore plus grand que partir en tête ; et parvenir à le relever peut t’apporter un surcroît de satisfaction. Mais tout se joue dans la finale : partir en troisième position ou en tête, au final, c’est du pareil au même, il s’agit de remporter le championnat après avoir ridé 12 zones.

JPEG - 347.1 ko Cette saison, tu as presque fait carton plein. Il t’a seulement manqué la victoire aux championnat d’Europe et aux K-124 Days, très typés "26 pouces".

Aux championnats d’Europe, je n’avais pas de souci de genou mais je n’étais pas dans un bon jour, surtout au début de la compétition. Moi aussi je suis humain, je ne suis pas une machine à faire du trial ! Ce jour-là, j’ai été très déçu du travail des commissaires qui n’ont pas su gérer un problème que Dani a rencontré. Pourtant, c’était limpide. Jamais par le passé un tel incident ne s’était produit. Mais bon, on dirait bien que le championnat d’Europe n’est pas une compétition pour moi.

Les K-124 Days, c’est une compét’ à part ; tu peux y rencontrer toutes sortes de conditions. Cette année, ce fut bestial, du moins pour moi ! Des zones longues, des obstacles très hauts. Tu dois aborder cette épreuve avec un autre état d’esprit, donner le maximum alors que le niveau des zones est encore un cran au-dessus de tes capacités. Dans certaines zones, tu te surprends à réussir des trucs de fou ; dans d’autres, tu es tellement fatigué que tu n’arrives plus à sortir les obstacles les plus simples.

Tu accumules les records et tu continues à progresser : où se situent les limites de Benito Ros ?

Ce que j’ai réussi, je ne l’ai pas programmé, ni pensé ou imaginé ; ça me réussit bien, j’affronte les choses année après année avec le plus grand engagement. Je ne peux pas te dire où se situent mes limites ni quand ou comment je les atteindrai.

JPEG - 93.4 ko Maintenant, la même question que l’an dernier : quels objectifs pour ta saison à venir ?

Ce n’est pas quelque chose qui m’occupe l’esprit, d’autant plus que cette année n’est pas finie. Ce qui me focalise le plus en ce moment, c’est la façon dont je pourrai définitivement résoudre mon problème au genou. Sinon, pour la saison prochaine, ce sera la même réponse que l’an dernier : approcher les compéts avec un max d’ambitions. J’espère bien les réaliser si je ne rencontre pas de contretemps.

Tu as tout gagné. Il te manque seulement un titre : t’as déjà pensé à être champion du monde 26" ?

En ce moment, j’attends de voir comment mon genou va évoluer. Ma priorité reste le 20" mais si physiquement je me sens bien, il se peut qu’au cours de la saison, je ride aussi en 26 ; ça m’amuse. Si je sens que j’ai une bonne condition, je roulerai en 26 au Mondial, comme à plusieurs reprises déjà par le passé. Mais ce n’est pas mon objectif principal.

Merci beaucoup Benito. On te souhaite un bon rétablissement avec ton genou et bonne chance pour ta saison 2012.

Merci à toi et à toutes les personnes qui m’ont aidé cette année. Je vais profiter maintenant, avant d’attaquer la prochaine saison !

La Bestia à Champéry by Marco Patrizi

Quelques images de la demi-finale et de la finale de Benito Ros, par le photographe italien Marco Patrizi, avec qui il s’est déplacé sur toutes les épreuves internationales cette saison. Vous pouvez accéder à la galerie complète du mondial 20" par ici : Champery 20.

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