Crash test du Rockman Kortz 2
samedi 23 avril 2011
par Jebegood , Laurent

PNG - 114.6 ko Le méga crast test des 7 vtt-trial du moment continue ! Nos cinq testeurs découvrent maintenant un vtt-trial qui a fait parler de lui cet été ! Il s’agit du Rockman Kortz II, le premier Rockman à atteindre une finale de Coupe du Monde mais aussi de Championnat du Monde UCI. A Mont Sainte-Anne, ce sont ainsi deux Kortz 2 qui ont pris le départ de la finale des Championnats du Monde UCI de VTT-Trial, emmenés par le N°1 britannique Ben Savage et le N°1 canadien John Webster. Nous étions donc tous bien curieux de tester ce bike aux lignes étonnantes, qui a en quelque sorte adoubé une jeune marque singapourienne qui a le vent en poupe depuis deux ans et séduit un nombre croissant de compétiteurs.

Le bike de Dark Vador :

- Considérations esthétiques & techniques :

PNG - 325.4 ko Ce vélo à la ligne étonnante et complexe sort indéniablement du lot et va à l’encontre de la tendance actuelle qui est à un retour à des lignes classiques et épurées. Sa personnalité est très affirmée, le Kortz a une vraie gueule, qui plaît tout de suite ou qui ne plaît pas du tout : les avis sont partagés dans l’équipe. Le travail de peinture, tout d’abord, est remarquable, mais ne fait pas l’unanimité : le dégradé de la partie avant au niveau de la jonction entre le noir mat et le gris donne l’impression d’avoir été fait à la bombe. Un effet voulu, mais dont le rendu esthétique fait débat. Tout le monde s’accorde pour reconnaître qu’il y a un gros travail de finition sur ce modèle et un souci du détail extrême, et tout cela est qui plus est anodisé. On retrouve quelques motifs Rockman discrets (noir sur fond noir) au niveau de la partie avant comme du tube de fourche.

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JPEG - 144.5 ko La partie avant est massive et bossue avec son tube supérieur coudé, empruntée au fameux Kamel de chez Monty. Ce tube rejoint à l’arrière la douille de pédalier, le yoke et le tube inférieur. Ce dernier, hydroformé est énorme est magnifique. La partie arrière est ramassée et constitue une véritable enchevêtrement de tubes assez complexe, renforcés et solidarisés par de larges soudures et de nombreux renforts usinés. Du bel ouvrage, mais un endroit qui aura tendance à s’encombrer facilement en condition humide. On retrouve quelques traits de caractères du Slate 2 : une colonne de direction allégée par deux ajourages latéraux, des haubans solidarisés par un renfort (en forme de croix sur le Kortz) qui fait office de rigidificateur de frein. Le Kortz reprend d’ailleurs le yoke de pédalier creux de ce modèle. Bref nous sommes en présence d’un cadre à la conception comme à la finition très travaillées, qui sort de l’ordinaire et a un look Dark Vador avec cette robe sombre.

JPEG - 129 ko L’équipement de ce vélo signé Rock est de qualité. Une bonne partie des composants Rock ne sont assurément d’ailleurs rien d’autre que des composants Try-All relookés. Les jantes, la potence, les pédales : ce sont exactement les mêmes que ces Try-All que nous connaissons bien et dont la réputation n’est plus à faire. Les pneus, impossible de les camoufler, et on retrouve les Try-All Light dans toute leur splendeur. Les autres composants purement Rock sont eux-aussi d’excellente facture : le moyeu avant est d’une extrême finesse, une belle pièce d’orfèvrerie. Les manivelles sont déjà ce que l’on pourrait appeler un grand classique, qui joue dans la même cour que les manivelles forgées Try-All, même si elles sont curieusement un peu plus souples quand on force bien. La fourche est elle-aussi un produit éprouvé, qui nous avait déjà impressionné lors d’un précédent test, tant par son incroyable rigidité que par sa finition remarquable, avec des pattes usinées ajourées en forme de trèfle ou encore un tube principal anodisé et décoré. Un must. Le guidon n’a pas un cintrage habituel, mais il met tout de suite à l’aise. On note l’absence étonnante de protection de roue libre. La hauteur de pédalier confère certes une garde au sol importante au vélo, mais ne le met pas à l’abri d’un choc. Et dans ce cas, c’est la chaîne et la roue libre qui prennent ! JPEG - 138.2 ko Le réglage de tension de chaîne s’effectue non pas par des escargots, mais par une petite molette en acier inoxydable, comme sur le Traktor, qui joue sur une vis disposant d’un large filetage. Le réglage est d’une précision millimétrique. Au niveau du freinage, on a sur notre modèle des Magura HS 33 dans leur ancienne version, avec des patins Coust’ : un duo de choc qui assure des performances optimales. Les coquilles Rock permettent un réglage simplissime des étriers.

On va peser cette belle bête. Le vélo est massif, mais le poids plume, comme nos Cannibal et Sky : 8.95 kilos. Bien qu’il soit arrivé sur le marché en juillet dernier, il a des côtes extrêmes qui se rapprochent de ce dernier modèle avec son boîtier à +65mm. Il est néanmoins un peu plus long avec un bon 1095mm. Le prix de vente de ce compétiteur UCI : 1790€ dans la configuration proposée.

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- Quelques vues d’ensemble du Kortz 2 :

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- Détail de l’équipement :

Cadre Rockman Kortz 2 noir en aluminium AN6
Fourche Rock V2 HS33 noire
Potence Rock forgée 127mm x 27°
Jeu de direction Rock Light
Cintre Rock relevé noir 720mm
Poignées Rock mousse noires
Frein avant Magura HS 33 2010
Frein arrière Magura HS 33 2010
Coquilles Rock CNC à prise directe
Patins Coust
Manivelles Rock Rockarm forgée 175mm
Pédales Rock simple cage
Roue libre Kortz 108, 18 dents
Pignon Try-All fileté 15 dents
Moyeu arrière Rock Singlespeed V2 135mm 32 trous
Jante arrière Rock simple paroi 32 trous
Fond de jante arrière Echo blanc
Pneu arrière Try-All Stiky light - 26x2.50"
Moyeu avant Rock 28 trous
Jante avant Rock Simple paroi 28 trous
Pneu avant Try-All Shift - 26x1,90"
Fond de jante avant Echo blanc
Tendeur Escargots Rock V2

- Quelques vues de détail :

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Le côté obscur de la Force :

- L’essai terrain :

JPEG - 689.8 ko Passons donc du côté obscur de la Force... On s’attendait à quelque chose d’élitiste au vu des caractéristiques géométriques de la bête, mais nous découvrons au contraire un vélo on ne peut plus facile à prendre en main. Les Rockman sont d’ailleurs d’une manière générale des vélos qui se montre très dociles. On se sent à leur guidon tout de suite chez soi, sans avoir besoin de jouer sur la position du poste de pilotage. On a sur ce vélo une position relevée qui est confortable et très naturelle, et met tout de suite en confiance. On retrouve une sensation oubliée : celle que l’on avait au guidon des Derangboys il y a quelques années ! La potence de 127 mm convient parfaitement à ce modèle, grâce à la hauteur de sa douille de direction, qui vient compenser celle du pédalier. Ce qui nous surprend également lors de nos premiers tours de roues, c’est la rigidité impressionnante de l’ensemble, conféré par l’utilisation d’un aluminium particulier (AN6) et perceptible au premier coup de pédale et sur les amortis : c’est un véritable bout de bois ! Cela donne un vélo très tonique et réactif, qui ne demande qu’à aller attaquer de la zone ou une marche.

On ne le fait pas attendre et les franchissements s’enchaînent. On est agréablement surpris pas les performances du vélo en la matière. Sur les tapés, on trouve ses marques sans peine : le vélo monte facilement et réagit très efficacement. Les crochetages sont aussi facilités par la géométrie longue et relevée, et l’arrière du vélo revient très vite. En latéral également, JPEG - 236.4 ko nos riders se font vraiment plaisir : dynamisme et précision sont au rendez-vous. Sur les failles aussi, le Kortz 2 prouve son efficacité : très stable sur l’arrière, c’est un vélo qui plante bien sur l’avant et accompagne bien le corps. Bref, les gros passages sont le fort de ce vélo, il est temps maintenant de le mettre à l’épreuve des zones.

Il se montre d’emblée très maniable et très équilibré : le corps est parfaitement positionné, ni trop en avant ni trop en arrière. Cela permet d’être réactif sur les enchaînements d’obstacles, efficacité accrue par la rigidité et la légèreté du vélo. L’ensemble a de la vivacité, qu’il faut contenir, d’autant plus que le boitier haut n’est pas propre à pardonner les largesses. Dans les passages tortueux et techniques, l’empattement est un brin trop long et difficile à gérer pour le commun des riders. Après avoir retendu la chaîne au terme d’un week-end de test, on avoisine en effet les 1100mm. On termine par quelques enchaînements sur la roue arrière, et là-encore les sensations sont excellentes : on dénote une grande stabilité qui met le pilote en confiance et la rigidité de la partie arrière apporte réactivité et précision.

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- Quelques photos du crash test :

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- Bilan du crash test :

Le premier atout de ce Rockman Kortz 2, c’est indéniablement sa personnalité : c’est un vélo à la ligne originale, au look massif, propre à susciter le coup de cœur. Mais au-delà de cet exercice de style étonnant et du remarquable travail de finition, il s’agit bel et bien d’un bike taillé et équipé pour la compétition et pour un usage UCI. Un bike qui exprimera tout son potentiel sur les gros mouvements et s’adresse clairement à un public de compétiteur et de riders expérimentés, et plutôt aux grands gabarits.

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Pour plus d’infos :
- Rockman
- Trialprod - info@trialprod.com - +33 (0)6.24.77.46.12