Giacomo Coustellier, « El trial va mal ! »

Giacomo Coustellier, « Le trial va mal ! »

mercredi 14 août 2013
par Jebegood
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Il est l’une des grandes figures du trial de compétition, un de ces Champions du Monde qui a donné le tempo au VTT-Trial durant cette dernière décennie, lui impulsant un rythmer d’enfer et en repoussant toujours plus loin ses limites techniques. Giacomo Coustellier a connu des hauts et des bas et touché le fond à plusieurs reprises ces dernières années après une série de grosses blessures. Mais à chaque fois il s’est relevé, il est retourné au combat et il est aujourd’hui bel et bien de retour sur le devant de la scène, et a retrouvé sa place dans le groupe de tête de la Coupe du Monde, épreuve la plus exigeante du circuit. En ligne de mire, un nouveau titre mondial élite, dix ans après le premier obtenu à Lugano l’année de ses 18 ans. Magnifique challenge. Giacomo évoque avec nous ce retour aux affaires réussi, mais a souhaité aussi s’exprimer librement sur l’état actuel du trial de compétition. « Le trial de compétition va mal, très mal. Notre sport est en train de dépérir, les pilotes ne peuvent même plus se déplacer sur les évènements. J’ai des choses à dire publiquement, des choses que beaucoup d’élites internationaux disent tout bas mais n’osent dire tout haut. Moi je vais les dire, il le faut, il faut faire quelque chose pour notre sport. Il y a de moins en moins de pilotes au départ des courses, si l’on continue comme cela notre sport va mourir. » GIF - 114.8 ko Nous lui laissons la parole... Crédit-photos : Marco Patrizi, Benoît Jacques, Antoine Prouteau, Michael Varlet.

Tribal Interview

Déjà quelques mots sur cette première moitié de saison, tu reviens de loin, une saison 2012 anéantie par une luxation totale du genou sur le Championnat d’Europe l’an dernier à Weilrod en Allemagne... S’ensuit une opération avec le chirurgien marseillais Abdou Sbihi, qui a son avenir entre tes mains, opération délicate après blessures à répétition, cela se passera très bien, puis vient le temps de la rééducation, puis entraînement hivernal intensif pour parvenir à retrouver aujourd’hui ton meilleur niveau... Le grand retour de Giaco a bien eu lieu cette année : tu es remonté sur un podium international dès 2ème manche de la Coupe du Monde, il t’échappe de peu à Pra Loup mais tu pointes en 4ème position du général de la Coupe du Monde à égalité de points avec le 3ème Guillaume Dunand ! Descendu dans les profondeurs du classement mondial UCI après saison off, tu te rapproches aujourd’hui du Top 10. De grosses satisfactions, bilan plutôt positif même si l’on sait que tu as les plus hautes ambitions ?

Oui effectivement, je suis très satisfait de ma moitié de saison. Après m’être blessé trois saisons d’affilés, j’ai mûri et j’ai appris à devenir humble. Je crois que même si mes résultats ne sont pas à la hauteur de mes attentes et de celles de mes fans, je n’ai pas le droit de me plaindre. Il faut savoir une chose importante. La préparation d’un trialiste s’effectue en débutant à peu près au mois d’Octobre de manière à être affuté au mois de Juin. Cela fait à peu près huit mois. Je suis remonté sur le vélo en Décembre pour effectuer ma première roue arrière en cachette de mon kiné ! Et j’ai repris les entraînements le 3 Février. Le calcul est vite fait… En clair il me manque 4 mois de préparation. Inutile de dire que je ne suis largement pas à 100% ! Et malgré cela, j’arrive à me battre pour le podium ! Non sérieusement, le bilan est positif et le plus important est que je progresse chaque jour. A l’heure actuelle, ce qui est le plus dur pour moi, c’est de faire preuve de patience et accepter le fait que j’ai besoin de temps pour revenir à mon meilleur niveau. En attendant, je dois savoir me satisfaire de ce que je fais.

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Ton feedback sur cette épreuve de mi-parcours de la Coupe du Monde qui s’est jouée à Pra Loup il y a quelques jours, reconnue comme l’une des plus belles du circuit, et qui a cette année encore été une réussite : beaucoup de public, un gros travail de l’organisation pour dessiner des zones originales et spectaculaires, beaucoup d’intensité sur le plan sportif... Qu’as-tu pensé de cette épreuve, de manière générale ?

Il est clair que cette épreuve est de loin la plus belle et la plus professionnelle de toutes. Je tiens d’ailleurs à féliciter Jean Flambart pour son travail. Même si cela reste un grand show non rémunéré pour les pilotes, c’est un show de qualité avec de belles zones soignées. On remarque vite en voyant les zones et les moyens mis en place que la station de Pra Loup a les moyens financiers de régaler ses vacanciers. Dommage que ce ne soit pas pour les pilotes. Je serai curieux de savoir le cachet pris par Event Performance. D’ailleurs, est-ce normal que la seule personne à prendre de l’argent sur les courses soit l’organisateur. Ou devrais-je dire, les seuls à ne PAS prendre de l’argent soit les pilotes ?? A un moment donné, si le public se déplace, c’est quand même pour voir les pilotes. Alors pourquoi ne sommes-nous pas payés comme l’organisateur ? Donc d’une manière générale, l’épreuve en elle-même était très jolie avec des zones esthétiques qui ont dû certainement régaler le public, mais j’ai vraiment eu le sentiment de faire une compétition / show pour pas un sou une fois de plus.

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Tu es passé par toutes les phases de qualification et ce sera encore cas pour Méribel... Sportivement les qualifs ont été moins sévères que d’habitude, et c’est un peu une guerre des nerfs, le moindre 5 peut faire plonger le pilote dans le classement, tu prends facilement la tête des quarts de finale. En demi, niveau moindre qu’à l’accoutumée, et tu commets une grosse erreur au premier tour, que tu répares heureusement au second et qualification en 7ème position. Quelques mots sur tes qualifs et ce format de qualifs plus faciles, qui permettent à tout le monde de rouler, ce qui est plutôt une bonne chose pour attirer plus de compétiteurs vers le haut niveau, mais peut aussi priver de finale les meilleurs ?

JPEG - 501.7 ko Oui, il y a énormément à dire sur ces phases qualificatives. Sur un plan personnel, les quarts de finales me fatiguent énormément, que ce soit physiquement ou mentalement. J’ai presque plus de pression en quart de finale qu’en demi ! Puis même si les zones sont un peu moins difficiles, cela reste quand même 2 tours de 6 zones avec du stress et un échauffement d’une heure etc… Je crois que l’on a bien vu à Pra Loup que Vincent et moi-même étions bien entamés pour la finale…. Ensuite, les demi-finales ne se sont pas bien déroulées. J’étais très tendu et je suis mal rentré dans la course. Du coup, j’ai fait des erreurs. Et tout comme Vincent, j’ai dû sortir un bon deuxième tour pour me qualifier. Mais j’y ai laissé beaucoup d’énergie.

Pour être franc, ce n’est pas à moi en tant que pilote, de dire si le niveau des zones est trop haut ou trop bas. Je dois faire avec, c’est tout. Cette fois ci, c’est vrai qu’il était bas, mais il y a des courses ou le niveau des demis était trop haut. Même si je trouve aberrent ce principe de tracer plus facile pour soit disant ouvrir les portes a tout le monde, je dois faire avec. C’est pareil pour tout le monde. Puis on ne peut pas reprocher à un traceur qui trace quart, demi, finale puis super finale de s’être légèrement trompé sur le niveau des zones en demi-finales. Les seules observations et remarques que je m’autorise à faire en tant que pilote concernent la sécurité dans les zones. J’estime qu’un pilote n’a pas à avoir peur parce qu’un traceur a voulu faire du spectaculaire pour en mettre plein la vue au public.

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Pour la finale, cela s’est par contre encore bien durci, trop dur de l’avis même du sélectionneur de l’équipe de France Serge Froissart, ton frère parvient à creuser un très gros écart qui rend même caduque la super finale. De ton côté, la fatigue se fait ressentir durement et puis tu es victime d’une crevaison au premier tour, mais tu te parviens à remonter au score et fais un très bon second tour. Malheureusement tu termines aux portes de la super finale... Une course très difficile pour toi ? Comment cela s’est passé ? Ton avis sur le traçage et son niveau ?

JPEG - 468.5 ko En toute franchise, j’étais bien content de ne pas aller en super finale. J’étais vraiment vraiment trop fatigué pour rouler encore. Concernant la difficulté des zones, je ne les ai pas trouvé trop dures. Elles étaient très bien. La zone des champignons était un peu dangereuse au niveau de la sortie mais, mis à part cela, il n’y a rien à dire sur le niveau des zones. Encore une fois, on est en Coupe du Monde ! Je rappelle que ces courses sont censées mettre en confrontations les meilleurs pilotes du Monde ! Les zones sont toujours trop dures pour Serge Froissart, le sélectionneur de l’équipe de France ! Pourquoi ? Très simplement car Serge est à la tête d’une école/société qui s’appelle FASTT, et qu’il cherche absolument à permettre à ses poulains d’aller le plus loin possible dans la compétition. Et comme on dit, la fin justifie les moyens. Comment peut-on être complétement impartial quand on a la moitié de son académie dans une finale ? Concrètement, avec tout le respect que je dois à Serge, son rôle n’est pas de donner son avis sur les zones, mais de sélectionner et former des pilotes.

Prochaine étape se joue dans la station olympique de Méribel dans quelques jours, quelles sont tes ambitions pour cette épreuve ? Méribel où tu as déjà signé de belles performances sur le circuit FFC ces dernières années ?

Mon objectif premier est d’arriver en forme. Depuis la Pologne, je traîne une fatigue extrême du à un surentrainement. Cela m’a d’ailleurs valu une suspension de licence pendant trois semaines. Etant très fatigué, mon taux de cortisol était largement en dessous de la moyenne autorisée pour faire des compétitions. La fédé m’a alors suspendu. Il s’est avéré après étude que la raison de cette grande fatigue était due à un surentraînement important. Avant d’envisager une quelconque victoire, je dois donc m’occuper de mon état de forme. C’est pour cela que depuis un mois et demi, je tente désespérément de remonter la pente. Mais j’ai du mal avec toutes les courses qui s’enchainent. Après une semaine de repos total, j’ai enfin retrouvé de superbes sensations. Concernant Méribel, il est clair que mes chances de victoire sont minces. Par contre, j’ai une belle troisième place à défendre, et je compte bien tout faire pour la garder.

La Coupe de France a connu son dénouement ce week-end aux Ménuires, tu a fait l’impasse sur cette épreuve ?

Oui j’ai fait l’impasse car je dois absolument me reposer pour être au mieux le weekend suivant.

Si le bilan est plutôt positif côté Coupe du Monde pour cette première partie de saison, tu es passé à côté - si l’on peut dire - de deux objectifs majeurs : la France et l’Europe... Tu figurais parmi les favoris aux titres, mais titres et podiums t’ont échappé... Berne nous a offert un fabuleux spectacle, mais après des belles qualifs (dont tu sors 3ème) arrive un finish certainement trop difficile, voire même dangereux, et tu as préféré occulté cette finale. A Auron, de bonnes sensations mais le podium t’échappe de peu (au nombre de zéros) ?

JPEG - 313.8 ko Il y a beaucoup à dire sur ces deux courses. En premier, le championnat d’Europe. Si l’on regarde mes qualifs, j’ai roulé à un niveau extrêmement bon. J’étais en forme, et je me sentais super bien pour la finale. Mais sincèrement, lorsque j’ai repéré les zones de la finale, j’ai su immédiatement que j’allais passer à côté. Les zones étaient largement trop dangereuses pour moi !! Sérieusement, je me suis fait opérer il y a un an, et j’ai traversé la période la plus dure de ma jeune existence. Après cela, il faut être débile pour aller se percher à 3 mètres 50 sur une poutre verticale, et risquer de se refaire mal une fois de plus, pour un traceur débile qui a voulu faire du spectaculaire à tout prix pour justifier son cachet ! Sur cette course, il y avait 4 zones sur 6 qui étaient carrément dangereuses. En toute franchise, j’étais bien content de partir de cette course en voiture, et pas en ambulance ! Je n’ai absolument aucune remise en question à me faire sur cette course mais plutôt l’inverse. La sagesse à parler… Concernant le championnat de France, mon niveau était très bon, j’ai juste fait beaucoup d’erreurs grossières, comme ce survol de flèche dans la zone facile des cailloux, ou encore, les deux points en posant sabot et pied sur la zone des blocs à l’entrée ! Et j’en passe…

Avec le podium européen, c’est aussi la qualification en Équipe de France qui t’échappe : conditions posées par le sélectionneur national étaient les suivantes : un podium sur l’Europe, une victoire sur Championnat de France ou un podium sur la coupe du Monde... Sélection nationale est tombée il y a quelques jours, et tu n’es pas retenu en Équipe de France, équipe qui s’est réduite comme peau de chagrin cette année avec réduction 37% budget (alors que France est le moteur du vtt-trial mondial depuis plusieurs décennies)... Une troisième place a été ouverte en 26", mais revient à Aurélien Fontenoy (3ème Fce et Europe) qui devra aussi rouler en 20"... Une grosse déception ?

Non pas du tout. Premièrement, la sélection de cette année est largement discutable et deuxièmement, je n’ai jamais eu besoin de l’équipe de France pour me déplacer sur les mondiaux. Cela est même un choix personnel que de le refuser. C’est ce qui s’était passé en Australie. A l’heure actuelle, je recherche des budgets et des sponsors tout l’hiver afin d’être autonome toute l’année. Je me réserve donc le luxe et le droit de fonctionner seul, et de ne surtout pas être dépendant du peu d’argent que la fédération française de cyclisme dispose pour nos pauvres trialistes ! Je trouve d’ailleurs vraiment regrettable, de voir des pilotes qui se prostituent pour économiser 2000 euros. L’exemple concret est Aurélien Fontenoy, qui est obligé de rouler en 20 pouces pour entrer en équipe de France, et de ce fait ne pas payer le voyage. A ce sujet, je trouve lamentable de la part de la sélection, de prendre Aurélien Fontenoy a la place de Théau Courtès, qui s’est arraché toute la saison. C’est complètement immoral et déloyal. Et après, la fédération nous met des soit disant critères de sélections. C’est une honte.

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Ce Mondial est l’OBJECTIF N°1 de ta saison, c’est pour ça que tu t’entraines toute l’année et depuis si longtemps avec toute ton équipe... Tu vas tout de même t’y rendre, dans le cadre de la "Sélection nationale" : tu porteras le maillot tricolore, bénéficieras de l’encadrement team France mais tu iras à tes frais et hors Équipe de France... Dans quel état d’esprit tu es pour ce mondial, tu y vas seul ou avec une partie de ton staff, comment tu appréhendes ce Mondial ? C’est une course, un titre comme on dit souvent, mais c’est tellement vrai, tout est possible ce jour-là, un second sacre de Giaco, dix ans après le premier, ce serait un formidable challenge ?

Il est clair qu’un second sacre serait quelque chose de magique et en toute sincérité, j’y crois. Personnellement, ce serait un beau cadeau que je ferai à tous ceux qui me suivent depuis tout ce temps. Je sais que lorsque je suis dans un bon jour, je suis dur à prendre. Mais une fois de plus, si mon état de forme n’est pas bon, et que je suis autant fatigué qu’a Pra Loup, ce sera dur. C’est pour cela que je ne pense pas du tout à la victoire, mais plutôt à me préparer de manière à arriver en forme à ces mondiaux. Ma femme étant de nouveau enceinte, je me déplacerai avec Jordy Védère, qui me suit sur les compétitions depuis la Pologne. On pourra se soutenir l’un l’autre et ce sera un superbe séjour car nous nous entendons très bien.

Ton frère vise quant à lui un quintuplé historique, quel regard portes tu sur ses performances, sa domination sur le vtt trial mondial est depuis quelques années écrasante, insolente... l’an dernier Vincent est parti chercher de la motivation sur le circuit 20, toi et Kenny out pour blessures, et il signe une saison parfaite en gagnant tout, cette année Vincent lui a infligé ses premières défaites depuis bien longtemps sur circuit français et international en début de saison, mais il s’est vite repris et semble de nouveau intouchable... Lors de la finale de Pra Loup, couverte par France 3 Provence, il a réussit un coup de force assez phénoménal et balayé tout le monde. Ton regard sur ce niveau de performance, cette régularité au plus haut niveau ? Qu’est ce qu’il a de plus que toi, que Vincent, que les autres ?

JPEG - 35.5 ko Clairement, il n’a rien de plus. C’est juste un sportif qui s’entraine dur et qui est en pleine confiance. Gilles Réunis tout ce qu’il faut pour être au top. Il a du talent, il s’entraîne dur et sérieusement, toute ma famille est derrière lui avec le papa qui va à chaque entrainement, il est épanoui dans sa vie, et, il a aussi de la réussite. Dans toute carrière il faut aussi une dose de réussite. Pas de blessure grave depuis plus de six ans. Cela fait aussi partie de la donne. Gilles est clairement le meilleur depuis 4 ans. Concernant la saison dernière ou il a tout gagné, pour être franc, je n’ai pas suivi cette saison car elle n’avait aucun intérêt. Je ne pense pas du tout qu’il est intouchable, loin de là. Si c’était le cas, je resterai chez moi, et je ne m’entraînerai même pas. La compétition de haut niveau et le culte de la victoire que l’on a en France, nous fait penser que lorsqu’un gars gagne beaucoup il devient un extraterrestre ! La victoire et la confiance en soi sont des choses qui mettent du temps à venir mais qui peuvent partir à tout moment. Revenons en arrière en Suisse ou je me suis luxé l’épaule et, ou je devais gagner. Si cela avait été le cas, je peux assurer que le reste de la saison aurait été différent pour moi. Ce jour-là, j’avais battu l’invincible Gilles à la régulière, sur un tracé de haut niveau, chose qui n’était plus arrivé depuis longtemps. On voit bien qu’une saison peut basculer à tout moment et pour chacun. Et je ne parle même pas d’une blessure. Le dernier exemple en date est Benito Ros cette année. Il était pleine forme puis boum. OUT. Si demain il se passe la même chose pour Gilles, et je croise les doigts pour que cela ne se passe jamais, l’extra-terrestre, comme tu le dis souvent, redeviendra un simple être humain avec un plâtre et de long mois de convalescence, suivit de un ou deux ans de galère, avant de retrouver un niveau correct. Voilà la réalité, je suis malheureusement passé par la… Et pour terminer. Gilles est mon adversaire mais il est avant tout mon frère. Je suis son plus grand fan et mon plus grand souhait et de revenir sur les plus hautes marches du podium pour me retrouver à ses côtés, que ce soit devant ou derrière lui.

Tu as pu cette saison découvrir de visu le jeune prodige britannique Jack Carthy, qui a terminé en troisième position de la Coupe du Monde l’an dernier (16 ans) et qui est remonté sur le podium à Pra Loup (17 ans) ? Selon Kenny Belaey, c’est le prochain champion du monde UCI, le seul à avoir les capacités à pouvoir inscrire son nom à côté du sien, du tien, de celui de Gilles, Vincent et des Caisso, Vinco, Arnold, Girard,etc... Que penses-tu de ce minot qui vient défier les grands avec une telle fougue qu’il en oublie parfois des flèches ?

Je pense qu’il a un très bel avenir. Il sera peut être champion du Monde, ou peut-être pas. En tout cas, il est motivé, et je sens qu’il a le trial dans les tripes. Mais ce que je remarque surtout chez Jack, c’est qu’il est très puissant pour son âge. Si Jack avait 8 ans de plus, on ne le remarquerai pas autant, c’est clair. Pour être franc, il ne m’impressionne pas. Si je lui lève sa puissance, son niveau est correct, mais il a encore beaucoup de travail. Cela serait encore plus flagrant si l’on revenait 10 ans en arrière, avec des zones naturelles et très techniques, ou la puissance est secondaire. Je pense qu’il aurait beaucoup de lacunes. Encore une fois, l’atout de Jack est sa puissance PAR RAPPORT à son âge. Vu le trial actuel, c’est une force et si le sport évolue encore vers cette voie, il est clair qu’il sera un adversaire redoutable. En tout cas, Jack représente le seul avenir dans notre sport. Malheureusement, il est le seul.

JPEG - 465.6 ko Tu avais annoncé ton retour sur le circuit mondial de Bike Trial, on t’a vu au National de Sury en Vaux, où tu participais à demande de Monty en vue d’être sélectionné pour le Mondial, mais finalement tu n’y as pas pris part au Championnat du Monde BIU, des Championnats qui ont par ailleurs été entachés par d’obscurs problèmes de jugements sur les deux manches élites... le bike trial finalement tu laisses tomber ?

Il y a plusieurs raisons quant à ma participation au calendrier BIU. La première est que je voulais voir ce qui se passait las bas. Monty tenais déjà l’année dernière a ce que j’y figure, et cette année je l’ai fait pour eux. De plus, à cause de mon opération et de mon grand retard dans ma préparation, je n’ai pas pu cette année, participer au début du calendrier Rhône alpes. Chose que je faisais chaque année pour me préparer aux gros événements. Les seules manches régionales qui étaient disponibles à ce moment-là, étaient la régionale Ufolep à Orléans, et le championnat national Ufolep. Je me suis donc servi de ça en guise de préparation, et de remplacement des compétitions Rhône alpes. La suite est que je suis allé en Espagne pour rouler au championnat du Monde, et que je n’ai pas pu rouler dans la catégorie reine. Le BIU étant une fédération encore plus idiote que bête, ils n’ont pas voulu me surclasser. Bref j’ai roulé un premier tour dans la catégorie senior, et le niveau des zones étaient ridicule. J’ai sorti une zone en 23 secondes ! Du coup, j’ai fini la course en roulant volontairement dans les zones Elite, en prenant de ce fait des 5 partout, puisque je n’avais pas le droit. C’est pour cela que je n’apparais pas dans le classement. Il n’y vraiment aucun commentaire à faire sur cette fédération, il faut seulement dire la réalité, elle est vieillotte, et il n’y a absolument aucun avenir la dedans. J’ai vraiment regretté de m’être déplacé. NUL.

Le Bike Trial est une priorité pour Monty, et ce circuit parallèle a longtemps été sa chasse gardée (de manière parfois ridicule)... Est-ce que cela ne compromet ton avenir avec la marque espagnole ?

Non pas du tout. Je pense que si Monty à misé sur un pilote tel que moi, étant spécialiste du 26 pouces en UCI, c’est qu’ils y trouvent leurs intérêts. Je doute fortement qu’ils aient payé un pilote pendant deux ans, pour n’en tirer aucun bénéfice. Puis j’ai d’excellentes relations avec les dirigeants Monty, surtout avec la remplaçante d’Ot Pi qui s’appelle Lola. C’est une femme super, et nous sommes sur la même longueur d’onde. Nous avons de beaux projets ensemble, et nous avons un bel avenir commun.

JPEG - 452.5 ko Monty qui a connu un virage historique avec départ d’Ot Pi avant ouverture de la saison : la marque espagnole BH a pris le contrôle de l’entreprise, le team trial s’est considérablement réduit, au point de ne compter plus que ses deux top leaders, Comas en 20 et toi en 26... Le renouvellement annoncé de la gamme alu n’est toujours pas arrivé... Comment perçois-tu tout cela et comment vois-tu la suite ?

Il m’est difficile d’avancer des infos car moi-même, je ne suis pas au courant de tout. Ce que je sais, c’est que Monty n’a pas du tout l’intention de cesser son activité Trial. Il y a des projets importants en cours, qui sont malheureusement en standby. L’économie dans le VTT en général est difficile, et les difficultés que rencontres Monty sont les mêmes pour les autres marques. Que ce soit Koxx ou Ozonys, les avancées technologiques sont vraiment minces ces derniers temps. A mon sens, la seule vraie révolution de ces deux dernières années vient du carbone chez Monty . Cela prouve bien que l’avenir du trial chez eux est bien présent. C’est sûr, il y a du retard, mais cela a été pire chez Koxx avec un an et demi d’attente pour avoir des jantes. Et je ne parle même pas des fourches carbones. Non concrètement, il y aura des nouveautés, mais il y a du retard, comme partout, et je ne crois pas que l’avenir du trial chez Monty est à remettre en question, bien au contraire.

Ton ressenti sur le trial actuel, quel regard portes tu sur cette discipline, dont tu as contribué à repousser les limites sur le plan sportif durant cette dernière décennie avec ton frère, Vincent et Kenny ? Finalement quand on analyse tout cela avec un peu de recul, le trial de compétition reste encore une discipline en marge des autres disciplines du vélo, méconnue du grand public ? Qu’est ce qui ne va pas, qu’est ce qu’il faut faire selon toi ?

Clairement, si l’on regarde la situation, il n’y a quasiment aucune progression dans notre sport. Les pilotes professionnels sont de moins en moins nombreux, et les participants aussi. Le championnat d’Europe cette année a atteint un record, avec seulement 26 pilotes au départ 26 pouces. Comment voulez-vous trouvez des sponsors avec si peu de participants sur les courses ! Lorsque vous êtes en face d’un éventuel partenaire, que celui-ci te demande combien vous êtes sur les courses, et que tu réponds 40 en gonflant le truc, il rigole intérieurement ! Personnellement, si je suis un chef d’entreprise et que j’ai de l’argent à mettre dans un sportif, je ne le mettrai certainement pas dans un sport ou il y a 40 mecs au départ d’une coupe du Monde ! Cela fait dix ans qu’on nous raconte qu’il faut attirer le maximum de médias en mettant en place un format adapté télévisuel. Une question : Y a-t-il plus de médias depuis cela ?? NON, au contraire, même les magazines spécialisés tels que Tribal Zine et Trial Inside, se déplacent de moins en moins. Il est clair qu’avant de chercher à attirer les médias, il faudrait déjà chercher a attirer les coureurs.

JPEG - 316.5 ko Ah oui, par contre, si l’on regarde les zones, elles sont belles, propres, avec des panneaux à l’entrée, à la sortie, les buses sont peintes de toute les couleurs, tout est bien décoré. Mais tout ça c’est du flanc, c’est de l’apparence. Et cette apparence coûte de l’argent. Le budget pour tracer 8 zones à Pra Loup est de plus de 15 000 euros. Mais la réalité est tout autre. Le trial est un sport pauvre, ou les pilotes ne sont pas des professionnels, et peuvent à peine se déplacer sur les courses. Et ceci dans le meilleur des cas, et pour une poignée de pilote. Pour le reste, les mecs sont obligés de travailler à côté. Au moins les 3/4 des pilotes présents sur le plateau ont leur saison financée par papa et maman. Ça, c’est la réalité et c’est le trial qu’on ne montre pas. On le voit bien en ce moment avec le championnat du Monde en Afrique du Sud. Ils sont tous là, en train de faire des démarches de financement car ils n’ont pas les sous pour y aller. Et je parle la des meilleurs pilotes mondiaux, tels que Aurélien Fontenoy (n°3 mondial), Guillaume Dunand (n°2 mondial), Nicolas Vuillermot (n°5 mondial). Est-ce normal ?????

Alors, à un moment, il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. Plutôt que de vendre des prestations a des sommes de fou, investis dans la décoration des zones, l’UCI ferait mieux d’augmenter largement les Prices Money, et d’en donner au moins jusqu’au 10ème. Et si ils ne peuvent pas, qu’ils trouvent les solutions, c’est leurs job ! Nous, les pilotes, on trouve bien les solutions pour se déplacer à nos frais ! En 2011, après ma blessure, j’ai même fait un crédit pour financer ma saison ! Ceci est un exemple afin d’illustrer mes propos. Imaginons que demain, l’UCI récompense les 50 premiers de chaque course. Ne croyez-vous pas que le nombre de participants sur les courses serait bien plus grand ? Bien sûr que oui. Pourquoi y a-t’ il tant de joueurs en tennis ? Car les mecs touchent des sous même sur les tournois régionaux. Et si demain, au lieu d’être 40 au départ, on est 400, ne croyez-vous pas que les medias vont se déplacer pour filmer ça ? Bien sûr que oui ! Je ne connais aucune chaine télé qui se déplace pour 40 coureurs ! Voilà le problème du trial. Nos dirigeant sont tellement focalisés à faire du flanc pour impressionner le public et soit disant attirer les médias, qu’il en oublient l’essentiel : récompenser ceux qui se déplacent toute l’année, ceux qui se débrouillent et qui s’arrachent pour survivre dans ce sport, ceux qui prennent des risques au quotidien : les vrai passionnés, les trialistes.

Pour info (à 50 euros prés) : Price money coupe du Monde 1er : 700 euros ; 2eme : 450 euros ; 3ème ; 300 euros ; 4ème : 150 euros. Sincèrement, ces sommes sont ridicules et ne peuvent en aucun cas faire vivre un compétiteur ! Pourquoi croyez-vous que les pilotes anglais (Dany Butler, Ben Slinger, Ben Savage etc…) ne viennent plus sur les coupes du Monde ? Car une coupe du monde leur coute en moyenne 2000 euros, et qu’ils sont à peu près certain de ne même pas rentrer en finale. Pourquoi le Canadien John Webster ne vient plus sur les Coupes du monde ? Car il n’a pas les moyens financiers de se déplacer, et ses résultats ne lui permettent pas de trouver suffisamment de sponsors pour lui financer sa saison. Et il se dit que, même si il parvient à rentrer dans les huit finalistes, il ne sera jamais dans les 4 premiers. Et on peut facilement expliquer de ce fait, pourquoi les pilotes dans les différents pays lointain ne se déplacent pas. Je profite de cette interview pour annoncer ouvertement que si l’UCI ne corrige pas son tir une bonne fois pour toute, et ne se remet pas en question, notre sport n’évoluera JAMAIS.

JPEG - 521.1 ko Concernant les solutions à proposer ? Je vais être franc, j’en ai des DIZAINES. Mais j’estime que ce n’est pas à nous, en tant que pilote, à expliquer aux dirigeants comment faire. Le job d’un pilote est d’aller sur les courses, et de faire du mieux possible, tout en essayant de ne pas se fracasser sur des zones de plus en plus dangereuses. Dans le foot, ce ne sont pas les joueurs qui expliquent aux organisateurs comment remplir des stades ! Avec tout le respect que je dois à nos chers dirigeants de l’UCI, j’ai l’immense regret de dire, qu’ils sont simplement incompétents.

On voit qu’il y a des choses qui évoluent tout de même positivement : de manière générale qualité des épreuves semble aller vers le haut, la surenchère aux gros obstacles que l’on a longtemps observé et dont certains pilotes ont fait les frais se freine, épreuves sont plus ouvertes, cahier des charges mieux définis sur circuits français comme mondiaux, arrivée de forces vives tant sur le circuit élite que jeune rend plutôt confiant ?

Oui on remarque quelques améliorations. Mais il a fallu qu’on assiste au désastre de Heubach pour que les pilotes se mettent enfin à gueuler ensemble. Et pour être Franc, le problème de fond est toujours le même, et je ne suis pas du tout confiant pour l’avenir de notre sport. Si l’on regarde les jeunes qui arrivent dans le trial pour nous succéder, on a vite fait le tour ! Il n’y a que Jack Carthy.

Voici l’avenir de notre sport en quelques lignes. Dans 5 ans maximum, Vincent, Gilles, Kenny et moi-même, ne feront plus partie du circuit du trial. Ce sera certainement Jack Carthy qui prendra les commandes quasiment seul. Puis, derrière, le niveau des épreuves baissera, car lorsqu’il n’y a qu’un seul élément moteur, les organisateurs et traceurs feront ce qu’ils sont déjà en train de faire, baisser le niveau des zone pour « ouvrir » les portes a tout le monde. Et comme je ne pense pas que nos dirigeant se remettront un jour en question, le VTT Trial va lentement, mais surement régresser. Il suffit de regarder ce qu’il s’est passé pour le BIU depuis ces 5 dernières années, pour imaginer ce qui nous attend à l’UCI. A l’époque où j’ai été champion du Monde BIU, il y a avait 24 nationalités au départ, maintenant, il y en a 12. Et je passe les détails sur le reste.

Tu es l’un des monstres sacrés du vtt-trial, et tes nombreux fans ont une chance extraordinaire : celle de pouvoir suivre au jour le jour toute l’actualité de leur champion préféré. Tu disposes cette saison d’un site web www.giaco.fr très impressionnant, certainement le site de pro rider trial le plus remarquable tant du point de vue de la forme que du fond. On y trouve tout sur Giaco, à l’issue de chaque course tu y livres une analyse de ta performance, une belle vitrine pour le trial de compétition que l’on tient à saluer et on imagine qu’il y a eu travail colossal pour mettre au point cette plateforme et l’alimenter au quotidien ?

Oui, c’est vrai, j’ai beaucoup investi dans ce côté. Pour moi, être un sportif professionnel ne veut pas dire seulement gagner des courses. Il faut aussi savoir être professionnel. On ne peut pas râler d’un côté, parce que les courses ne sont pas assez professionnelles, et fonctionner à côté comme un pilote amateur. J’estime que, même si le trial est un petit sport, et que ce ne sera jamais le tennis, il y a une communauté importante. Et dans mon cas, je suis un des trialistes avec une grande notoriété dans ce sport. Je me dois donc d’être à la hauteur de cette image. C’est pour cela, et avant tout pour mes fans, que j’accorde beaucoup d’importance à tous ces outils de communication. Mon site internet génère vraiment beaucoup de visite, et j’en suis fier. Je suis surtout très heureux de voir que tous les gens qui me suivent peuvent y trouver tous les résultats complets et comptes rendus des courses en temps réel. A mon sens, c’est le minimum qu’un sportif de haut niveau doit rendre et offrir à ses fans.

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Il y a quelques jours tu as publié sur le web ton film My Revival, sorti il y a un peu plus de trois ans... Une vraie merveille, un film passionnant qui nous permet de découvrir plus intimement ce grand champion que tu es, mais aussi l’une des plus belles vidéos de trial naturel jamais réalisée. Merci pour ce beau cadeau, et qu’est ce qui t’a poussé à rendre public aujourd’hui ce long métrage ?

Simplement, il ne passe pas un jour sans que je n’aie pas un fan qui me demande ou on peut se procurer ce DVD. Et ma réponse est toujours la même : il n’y en a plus ! Du coup, j’ai pris mon seul et unique exemplaire personnel et je l’ai mis en ligne.

As-tu un nouveau projet vidéo en perspective ? La vidéo est l’un des principaux vecteurs, si ce n’est le principal, de promotion des tops riders trial, mais les pros du circuit UCI se prêtent trop rarement à cet exercice, c’est d’ailleurs peut-être aussi quelque chose qui manque à la discipline. Alors que le street trial a sû quant à lui en tirer profit, et s’attirer ainsi les faveurs du grand public... A quand une nouvelle vid’ de Giaco ?

Il y aura une nouvelle vidéo bientôt. Je ne peux pas en dire plus. Seulement que ce sera vraiment différents des vidéos type « Redbull », à budget colossal que l’on a l’habitude de voir. Celle-ci sera vraiment différente et montrera mon vrai quotidien sans fioriture.

Super ! Tu es aussi l’un des athlètes les mieux entourés du circuit, tu bénéficies à tes côtés du soutien d’une grosse équipe ?

Oui effectivement, je ne vais pas les présenter un à un car cela serait trop long ! Simplement, ces personnes sont tous, sans exception, de grands amis, qui m’ont suivis, et continus à me suivre avec un seul moteur : la passion. Ils ont traversés avec moi, tous ces moments de galère, et ils sont encore là, à croire en moi. C’est vraiment grandiose et c’est une grande récompense pour moi. Avec l’expérience, je peux assurer une chose avec certitude : lorsque tout vas bien et que tu gagnes, tout le monde est derrière toi. Mais lorsque tu es dans un lit d’hôpital, il ne reste plus beaucoup de Monde. Eux, ils étaient tous là, et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais.

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La période estivale, pour un pilote élite, est une période très intense, où les compétitions s’enchaînent, où préparation physique et training représentent grosse part du quotidien, comment se déroule journée-type, semaine-type de Giaco ? Quelle part représente l’entraînement sur le vélo, qui pour toi se déroule avant tout sur les rochers, dans les bois ou en bord de mer, en naturel pur, sur ces spots désormais mythiques où les deux Coust ont forgé deux niveaux et destins exceptionnels ?

Pour ma part, pendant les compétitions, je ralentis beaucoup la musculation pour ne faire quasiment que du trial. Après, pour ce qui est des entraînements, c’est tous les jours, deux fois par jour. Et oui, pour être au top, il n’y a pas secret, il faut transpirer. Le trial et la recherche de la performance prennent tout mon temps. Surtout ces derniers temps, où il m’a fallu m’entrainer beaucoup plus pour revenir au top. Et c’est comme ça, six jours sur sept. Pour les terrains, je m’entraîne moitié naturel, moitié street. Depuis tout ce temps, j’ai vu passer un nombre hallucinant de différents pilotes de différents pays, qui sont venus voir de près mes entrainements. Je pense qu’ils ont tous été déçu de voir qu’il n’y avait aucun secret, aucun entrainement particulier, juste des heures et des heures sur le vélo.

JPEG - 584.3 ko Le naturel pur est quasi absent de la scène internationale, à de rares exceptions ? Déception pour toi de ne pas voir de vraies épreuves naturelles et de voir la puissance souvent primer sur la finesse de pilotage ?

Oui, je trouve tellement dommage de n’avoir que de l’artificiel. Personnellement, je suis lassé et frustré de ne rouler que sur de l’artificiel. Le trial est tellement beau en naturel, et il est désormais résumé a deux ou trois sortes d’obstacles : buses, troncs d’arbres et rochers rapportés. Et le pire dans tout ça, c’est que ces matériaux coutent un pognon fou ! Encore une fois, ceci est le résultat des initiatives de l’UCI. Les dirigeants partent du principe que ce n’est pas télévisuel et que c’est invendable. Le résultat à l’heure actuelle est simple : les courses de VTT trial sont devenues des shows, avec les meilleurs pilotes mondiaux, que l’UCI vend au prix fort à qui peux les acheter. Et pour cela, ils renient littéralement les origines du sport et ne se soucie pas du tout du plaisir que peuvent prendre les pilotes. Une fois de plus, on privilégie encore et encore les médias aux pratiquants. En dix ans, je n’ai jamais vu qui que ce soit de la part de l’UCI, demander aux pilotes ce qu’ils préfèrent. Non, cela ne les intéresse pas. Je suis d’ailleurs convaincu que la première des choses à faire dans le trial pour avancer, serait de questionner les pilotes de différents pays. Je pense que l’UCI aurait de grandes surprises.

A quoi consacres-tu le temps libre que tu t’accordes ? D’autres passions que le trial ?

Oui heureusement ! J’adore le tennis et la peinture. Puis je suis avant tout un amoureux du sport en général et de la nature. Tout mon temps libre est consacré à ma famille et mes amis.

Un livre de chevet, un film culte, une musique ou un genre musical que tu affectionnes particulièrement ?

Un livre ?! J’ai déjà du mal à lire les articles sur moi dans le journal ! J En revanche, niveau film et musique, j’adore ça. Mon film culte : Fight Club. La musique, je n’aime qu’un seul genre : la bonne !

Tu as fêté il y a quelques jour ton 29ème anniversaire, tu restes l’un des éléments moteur du vtt trial et une de ses icônes, mais pour un sportif de haut niveau commence à poindre le temps de la reconversion, comment tu vois la suite ? Toujours dans le vtt-trial ?

C’est vrai que maintenant, je suis plus proche de la fin que du début de ma carrière. Mais il me reste encore de belles années… En toute franchise, je n’ai pas encore concrètement pensé à ma reconversion. Ce qui est sûr, c’est que j’ai pas mal de différentes ouvertures. Peut-être dans le trial, pourquoi pas. Ce qui est certain aussi, c’est que si je reste dans le trial, le seul plaisir que je pourrais prendre sera de retransmettre mon savoir aux jeunes pilotes afin de les former et apprendre à gagner. En vieillissant, je me rends compte que je prends beaucoup de plaisir à transmettre mon savoir et ma passion. Peut-être mon avenir…

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